Il lui dit qu'il a envie de céréales jaunes sous le ciel bleu de ses quatre ans. Elle lui répond qu'elle préfère rester dans sa salle de bain. L'eau fumante y attend que la peau de ses fesses y entre. Elle mettra la radio en position tout venant lavage de cerveau.

Elle s'isole dans ces quatre murs au milieu de quatre murs au carrefour de quatre rues, nue.

Elle pense à ses champs de tournesol pendant que lui reste dans son canapé. Les bolides tournent dans le salon. Il est seize heures. La pluie ne veut pas tomber. La rue est grise. Le temps s'emmerde. Plus qu'une heure avant la nuit. Avant qu'elle n'allume la terne lumière du plafond. Les meubles ne sont déjà plus que des ombres. 

Sur le rebord de la baignoire, les flacons lisses ont des teintes unies, parfois nacrées. A la fin du Grand-Prix aussi. Ce sont les mêmes en vrai, donc en plus petits. Celui-ci contient le shampooing. Une pâte gourmande, parfumée à la fraise et d'une densité exquise. Ça mousse et ça bulle. Elle se laisse glisser dans l'eau pour se rincer les cheveux. L'eau monte jusqu'à la limite des yeux.

Il pleure.
Il se sent vieux. Mais la bière est amère et c'est bon signe.
Blonde. Et le houblon. Vert.
Elle se glisse contre lui. Son corps a la couleur de la peau chaude.
Il va mieux.